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Francis Cabrel et Patrice Michaud
Si vous ne connaissez pas l’artiste Patrice Michaud, c’est sans aucun doute un nom de la relève à retenir et à surveiller au courant des prochaines années dans l’industrie de la musique au Québec. Natif de Cap-Chat en Gaspésie, son village de 3000 habitants lui a légué une âme de conteur, qui lui a permis en septembre 2009 de remporter les honneurs de la 41e édition du Festival international de la chanson de Granby. Sa personnalité attachante et son assurance le mèneront loin à coup sûr!
Stéphanie Méthé: Quand as-tu commencé à raconter des histoires?
Patrice Michaud: Très tôt, quand j’étais petit, j’avais un petit côté menteur, j’exagérais beaucoup les choses. J’avais l’impression que le “crémage” d’une histoire rendait le “gâteau” meilleur. Donc, j’exagérais beaucoup. J’ai déjà simulé des crises d’asthme pour attirer l’attention des filles. Ça marchait moyennement.
S.M.:Quelle histoire, qui t’a été racontée, t’as marqué dans ton enfance?
P.M.: Il y en a une que je rapporte dans mon spectacle: C’est quand j’ai demandé à mon père: À mon âge comment il percevait la grande ville? Il m’a dit: « La première fois que je suis allé à Montréal garçon, c’était à l’Expo 67. » J’ai été surpris d’apprendre que la seule chose qu’il se rappelait vraiment, c’est la première fois qu’il a mangé un ”hot-dog stemmé” et qui était à ce jour, la meilleure chose qu’il avait mangée. C’est le principal événement qu’il se rappelle d’Expo 67.
S.M.: Quelle est l’histoire la plus farfelue que tu as faite à croire à quelqu’un?
P.M.: Je me rappelle très bien, au primaire, des Olympiades. C’étaient des épreuves sportives. Moi j’étais nul dans tous les sports et mon meilleur ami était excellent. Il avait reçu une foule de ruban d’or et d’argent. Moi, rien. Je lui ai donc expliqué en long et en large que les récompenses n’étaient pas importantes, qu’il valait mieux participer, avoir de l’esprit d’équipe et que si jamais il avait un ruban de trop, que j’étais prêt à mettre 2$ pour en avoir un.
S.M.:Quand as-tu commencé la guitare?
P.M.: Je devais avoir 13 ans. J‘ai été mis à la porte de 2 cours de musique parce que j’apprenais par coeur et je n’avais pas appris à lire les notes. Quand mes professeurs s’en rendaient compte, ils me chicanaient et moi je ne prenais pas la critique alors j’ai ”sacré” mon camp des deux cours et j’ai fini en arts plastiques à l’école. Regarde aujourd’hui ce que je fais dans la vie!
S.M.:Qu’est-ce qui t’a donné envie de jouer de la guitare?
P.M.:Elvis! La guitare semblait être une excroissance de son corps. J’étais fou du rock and roll! À 6 ans, ma mère m’enregistrait les émissions d’Épopée Rock. C’est ça que j’écoutais le matin.
S.M.: Tu es aussi un amoureux de la littérature…
P.M.: J’ai étudié en analyse littéraire, j’ai fait mon BAC à l’Université Laval en littérature française et québécoise. J’ai commencé un premier mémoire de maîtrise que j’ai laissé de côté et je suis de retour à temps partiel sur un nouveau mémoire de maîtrise en création de chanson.
S.M.: Comment ton amour de la littérature est-il apparu?
P.M.: Ça, c’est un accident! J’ai pris au Cégep le cours ayant le moins d’heures de cours. Heureusement pour moi j’ai vraiment découvert quelque chose. Ma démarche artistique est venue croiser tout ça.
S.M.:Toi qui aimes les histoires, si tu pouvais être le héros d’une histoire, qui serais-tu?
P.M.:J’aime bien Don Quichotte. Il n’a pas toute sa tête, il ne sait pas trop où il va avec ses skis mais c’est un idéaliste fini. Il y a quelque chose de pur, d’intact chez-lui. J’aime ça.
S.M: Tu as fait plusieurs résidences de création dans ton parcours, cette année tu en as fait une à Astaffort en France, parle nous de cette expérience…
P.M.: C’est une résidence de création avec 15 participants qui est chapeautée par Francis Cabrel et cette année Renan Luce un artiste de la chanson française. On était là-bas pendant 10 jours et l’on devait écrire 40 chansons en groupe. Tout se crée sur place. C’est extrêmement intense.
S.M: À ton passage au Festival international de la chanson de Granby, tu as eu un blanc sur scène aux demi-finales, qu’est-ce qui s’est passé?
P.M.: (Rires) Ça été un moment vraiment drôle, c’était ma dernière chanson et la première phrase ne m’est jamais venu. Je suis parti à rire, j’ai annoncé au public que c’était mon premier véritable blanc en 28 ans de vie et qu’ils pouvaient se considérer chanceux d’assister à ça, que c’était une grande première mondiale.
S.M.: Tu as quand même gagné…
P.M.: Certains juges ont dit que ça a peut-être même joué en ma faveur. Ça a même paru organisé ça l’air! Mais je tiens à signaler que je n’ai pas fait exprès de faire une erreur aux demi-finales de Granby. (Rires)
S.M.: Où te vois-tu dans 5 ans?
P.M.: Mener de front cette carrière-là. Je me vois avec 2 albums, faire des spectacles, jouer de la musique, être heureux, avoir une maison à la campagne et des enfants. Pas de chien, pas de clôture blanche, pas de chat. En vérité, je suis beaucoup plus dans le court terme.
Patrice Michaud sera au Festival Musique du Bout du Monde le samedi 14 août à 17 h 30, à la petite églize de Gaspé!
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